Interview Seamus X Diggers Factory

Interview Seamus X Diggers Factory

November 5, 2020

Peux-tu te présenter brièvement ?

Salut Diggers Factory !
Je m’appelle Antoine, j’ai 33ans, j’habite à Montreuil en Seine-Saint-Denis et suis natif de Strasbourg. Je suis un passionné de musique, de football et de chips. En 2013 avec 3 potes j’ai monté un projet qui porte le nom d’Imported.

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Comment t’es venue cette passion pour la musique ?

Mon père est guitariste, il taquine aussi beaucoup le piano. Depuis que je suis petit, je suis bercé au son du blues, du rythme & blues par mon père et la chanson française par ma mère.

Au collège, et au lycée, j’ai découvert la musique house avec la vague french touch de Daft Punk, Cassius, Motorbass. J’écoutais aussi beaucoup de dance, car ce style était déjà omniprésent en France à l’époque, mais l’était plus encore en Allemagne qui n’était qu’à 10 minutes de chez moi. A cette époque je squattais sur Napster et je gravais mes premières compilations.

Puis j’ai découvert les vinyles et la production musicale avec des potes, et banco j’ai acheté des platines après avoir trimé dans les champs de tabac l’été. J’ai diggé des sons house et pris une véritable claque. Aujourd’hui j’en suis toujours là ou presque. La house ne quittera plus jamais mes platines, même si j’écoute beaucoup de disco et de soul.

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Parle nous d’Imported Recordings.

Imported est un projet 360° basé sur l’organisation de teufs, un label (+ un sublabel), et une agence de booking. En 2013, avec les copains et copines on trouvait que la proposition de teufs house n’était pas assez poussée, il y avait notamment beaucoup de fiestas techno, mais c’était trop dark comme musique pour nous. On voulait plus de sourire, plus de joie, de bonheur et de danse. On a donc monté notre teuf.

En 2015, on lance une agence de booking pour essayer de pousser les projets de nos potes qu’on kiffe le plus et à fort potentiel.

En 2016, on sort notre premier disque pour boucler la boucle : Imported Recordings était né. Ça faisait des années qu’on avait l’idée d’un label en tête, mais on a pris le temps d’observer, bien comprendre le fonctionnement, sélectionnez les fabricants, distributeurs et les morceaux qui nous parlaient et tout ça a pris du temps.

Depuis on a posé 4 sorties sur Imported Recordings, 4 various artists aux initiales VA : VA Various Vol.1, Voyage Animé, Vagues Aléatoires et Volupté Amère le petit dernier.
On est super fiers d’avoir pu sortir des morceaux de gars solide du paysage français de la house aussi bien que de jeunes pousses : Armless Kid, Dub Striker, Ortella, Mara Lakour, Matthieu Faubourg, Martin Alix, Nicolas Aftalion, ou encore Malouane.

En 2019 on a lancé un nouveau label : La Fête Recording, où l’on présente des fulls EP des artistes qui nous parlent. Chaque EP est une carte blanche pour l’artiste qui donne ses idées pour la réalisation de la pochette et choisi le titre qui doit nécessairement être un synonyme de « fête ». Le premier disque a été signé par le hollandais Ghetto Chords, et le dernier par Yann Polewka, producteur rennais !

Imported c’est aussi et surtout association de passionné.e.s, des gens que l’on connaissait à la base ou pas, qui ont souhaité s’investir dans un projet culturel. Ces gens sont devenus des potes, comme une deuxième famille, et c’est ce qu’on cherchait aussi avec les fondateurs, participer avant tout à une aventure humaine, et partager avec les gens comme on partage la house sur les dancefloors.

Comment vis-tu la période actuelle en tant que boss de label et artiste ?

C’est une période extrêmement compliqué. Le premier jour du confinement, on a du annulé environ 30 shows prévus pour les artistes de notre catalogue, annulé un festival et un open-air de deux jours prévus cet été, ça a été une catastrophe.

Les artistes, pour qui la scène est souvent un moyen de survie, et plus généralement tous les acteurs de la culture et du divertissement, ont dû s’adapté.
A titre personnel, j’ai dû mettre en pause l’activité de booking et d’organisation d’événement et reprendre mon taff de consultant pour remplir le frigo.

Mais bon, je suis en bonne santé et c’est qui prime en cette période compliqué. On a donc positivé, et on s’est concentré sur la seule chose qu’il était encore possible de faire : presser des disques. On a profité de cette période pour accélérer la cadence en sortant deux disques, un pour Imported Recordings en avril et un pour La Fête Recording en Septembre.

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Quels sont les projets à venir ?

Comme on n’a toujours aucune visibilité sur le dénouement de cette crise sanitaire, on reste concentré sur le développement du label. On va envoyer notre prochain disque le 5ème pour Imported Recordings au mastering et lancer le pressage bientô. On espère sortir ça début 2021.

Et on bosse déjà sur le 6ème Various, et sur un nouvel opus pour La Fête !

Qu’est-ce que ça te fait d’être jury du premier challenge Diggers ?

On est super content de faire partie de ce projet.
Imported a démarré à la base pour faire jouer pour la première fois des petits producteurs européens à Paris. On digguait pas mal de son, et on ne comprenais pas que certains producteurs n’aient pas plus de visibilité en France, alors on a agi !
Avec ce challenge, on retrouve vraiment cet esprit, qu’on retrouve au quotidien aussi avec les nombreuses démos que l’on reçoit tous les jours ! C’est donc une grande fierté de faire partie du jury !

Des conseils pour les jeunes producteurs de musique électronique ?

Soyez créatifs, ne vous fixez aucune limite. Digguez et respectez les travaux de vos paires, inspirez-vous en pour aller encore plus loin et repousser les frontières que vous voyez. La règle c’est qu’il n’y a pas de règles.
Enfin croyez en vous ! Les gens que vous voyez en haut des affiches sont en général des bruts de travail. Exercez-vous, et surtout persévérez quand ça ne fonctionne pas ! Ne rien lâcher.

Une pépite à écouter directement après l’itw ?

U.F.O. de Yann Polewka sortie sur le dernier La Fête !
C’est le premier morceau qui ne soit pas orienté club que l’on sort, et c’est une fierté ! Un bijou !